Cuba Libre

« Solo quiero respirar ». La voilà, la profession de foi, la prière laïque de Pedro. « Je veux juste respirer », presque un luxe quand on a été opposant à Fidel Castro, lorsque celui-ci était encore l'homme fort de Cuba. Incarcéré, torturé, Pedro l'intouchable raconte son quotidien, sa famille et ses amis qui doivent l'éviter pour ne pas être soupçonnés de collusion. C'est son histoire, une partie de celle de ses compatriotes, aussi, que ces photos relatent. Elles disent un peuple tiraillé entre un régime liberticide mais protecteur de certains droits -à l'éducation, à la santé notamment- et un voisin américain dont l'ombre s'étend de plus en plus. Et dont l'ultralibéralisme fascine autant qu'il effraie, attire et repousse tout à la fois. De Santiago à Trinidad, de Barracoa à la Havane, c'est le Cuba des paradoxes qui se dessine, une île en mutation qui rejette une partie de son passé, craint son présent et fantasme son futur sans se départir d'une forme d'élégance que transcendent ses musiques et ses danses.